Quelques jours après sa clôture l’instant est venu de faire une synthèse d’une nouvelle (et belle) édition des Riches heures musicales de la Rotonde.

l’Ensemble Los Temperamentos
© Serge Pagès / RHMR
Entre Espagne, Méditerranée et Amériques, les Riches heures de la Rotonde ont offert un voyage musical magique aux spectateurs des cinq ensembles qui se sont produits dans une Rotonde pleine malgré la chaleur. Introduit par une belle exposition organisée par l’équipe du Festival, le thème de cette session évoquait un moment extraordinaire de la musique, de toute musique, l’échange culturel et humain qu’elle porte en elle. Ici les musiques profanes ou religieuses créées par trois cultures du pourtour méditerranéen, hispano chrétienne, juive séfarade, et arabo andalouse. Et au-delà des mers, leur succession en Amérique latine métissée par les cultures dites indiennes.
Promenade rapide à travers les concerts.
– Le quatuor Cantoria, « les filles d’Isabel » dite « la catholique » salle pleine et enthousiaste, jeunes artistes très ouverts et dynamiques aussi, très bel équilibre et variété des choix (fin en rythme avec la salle).
– Scarlatti per tre, « trois » musiciens, Bertrand Cuiller et Violaine Cochard au clavecin, Maria Pastuska au violon ; approche originale, qui peut surprendre, de Scarlatti pour 2 clavecins et un violon …à noter le célèbre fandango du padre Soler pour un final époustouflant, on a envie de rester dans une sorte de bulle musicale éternelle.
– Ensemble Matica de Flor, pour « alta es la luna » (la lune est pleine, traduction libre), qui la veille nous avait introduit à la musique séfarade ou judéo-espagnole par une belle conférence illustrée. Jeune ensemble brillant et ouvert, un répertoire passionnant, exemple s’il en est des « découvertes » des Riches heures.
– Ariana Savall et Hirundo maris (l’hirondelle des mers). Porteuse d’une tradition familiale immense par son père, Jordi, et sa mère, Montserrat Figueras, et entourée de 5 musiciens venus du monde entier. Elle nous offre un autre voyage dans le temps, du XII° siècle des codex religieux au XX° siècle du poète et musicien Federico Garcia Lorca, assassiné par les franquistes.
– Los temperamentos , pour De la conquista y otros demonios (de la conquête, et autres démons). Ici l’on franchit l’Atlantique pour se pénétrer des musiques croisées avec d’autres rythmes, d’autres instruments. Le bien nommé, tempérament de sons et de feu pour terminer la saison…
L’an prochain, pour la 45° édition, je crois savoir que la programmation fera place à une liberté des choix, comme une fantaisie musicale… A découvrir d’ici quelques mois, et longue vie aux soirs de la Rotonde.
Gilbert ELKAIM (CLP)